De son vrai nom Eligius, Eloi naît en 588 au sein d'une famille modeste à Chaptelat, près de Limoges. Il naît sous le règne de Clotaire II, roi mérovingien, à une époque où dans le Royaume Franc on parle et on écrit encore le bas-latin.Dès qu'il est en âge de travailler il apprend le métier d'orfèvre à Limoges dans l'atelier qui frappe la monnaie. Une fois le métier bien maîtrisé il part à Paris et rentre au service du Trésorier Royal. Son employeur va le recommander au Roi lorsque celui-ci désire un trône en or incrusté de pierres précieuses.
La tradition rapporte qu'Eloi va en fait exécuter deux trônes avec la quantité d'or fournie pour un seul. Clotaire II, touché par son savoir faire et son honnêteté, l'engage à son service et le nomme responsable de l'Hôtel de la Monnaie de Marseille.Il est à l'origine de nombreuses émissions de pièces d'or sur lesquelles on peut y voir sa signature.Devenu ministre, Eloi vit la plus grande partie de sa vie d'homme public à Paris en qualité d'un des principaux conseillers du Roi. Il signe des monnaies frappées au Palais Royal et crée des chefs-d'œuvre d'orfèvrerie comme le mausolée de Saint Denis à Paris, la chasse-reliquaire de Saint Martin de Tours, des tombeaux de nombreux saints et de nombreux objets du culte (autels, croix, ciboires, calices ...) que l'on expose de nos jours dans les trésors de nombreuses églises (Saint Denis, Saint Loup à Noyon, Chelles en Seine et Marne....)En 629, au décès de Clotaire II, c'est le fils de celui-ci, Dagobert 1er qui monte sur le trône et conserve Eloi comme principal conseiller. Tous deux vont réorganiser le pays en restaurant les systèmes financiers, juridiques et religieux.
Eloi se lance également dans la construction d'édifices religieux comme l'Abbaye pour hommes de Solignac créée en 632 avec 150 moines et un couvent qu'il édifie en 633 dans sa propre maison de Paris, sur l'Ile de la Cité,avec 300 religieuses.Le 16 janvier 639 Dagobert 1er décède. Eloi quitte alors la Cour pour entrer dans les Ordres.En 641, sous le règne de Clovis II, il est sacré évêque de Noyon - Tournai.Il va alors multiplier les créations d'hôpitaux, d'abbayes et de monastères. En 650 il participe au Concile de Châlon sur Saône.
Eloi meurt le 1er décembre 660 sous le règne de Clotaire III. Ce n'est que le 25 juin 1157 que ses restes sont transférés dans la cathédrale de Noyon. Ils y resteront jusqu'en 1905, car lors de la séparation de l'Église et de l'État ses fidèles pensaient que ses reliques n'étaient plus en sécurité en France et les transférèrent en Hollande. Saint Eloi retrouvera enfin sa cathédrale de Noyon le 22 juin 1952 lors d'une translation solennelle de ses reliques qui reposent désormais dans un splendide reliquaire en bois doré. La Confrérie des "Marguilliers de Saint Eloi" de Noyon veille désormais sur ces reliques et fête le Saint deux fois par an en Juin et en Décembre.
C'est au moyen-âge que la dévotion à Saint Eloi s'est développée. Il est vite devenu le patron des orfèvres et également des métiers liés au travail du fer, comme les serruriers, ferronniers et surtout des maréchaux-ferrants. Ce dernier patronage a obtenu un tel succès que des légendes ont vu le jour et qu'on a attribué à Saint Eloi des "pouvoirs spéciaux" sur les mulets et chevaux. Il est donc devenu également le saint protecteur de tous les métiers touchant aux équidés: muletiers, charretiers, cultivateurs et également charrons, selliers,ferronniers, etc. C'est pour cette raison que Saint Eloi est souvent représenté en évêque avec à ses côtés un marteau et une enclume.De nos jours Saint Eloi est honoré dans de nombreux pays, de nombreuses églises lui sont dédiées et pas moins de dix communes de France portent son nom. A Tende, la "Confrérie de la Saint Eloi" perpétue la tradition en fêtant le Saint chaque deuxième dimanche de juillet.



